Le QIAcuity One est un analyseur de dernière génération dédié à la détection des infections microbiennes. Cet équipement permet de réaliser des PCR digitales*.
Le matériel – financé dans le cadre de l’appel à projets « Équipements innovants 2025 » de la Fondation Charles Nicolle-Normandie, avec le soutien de la Région – a été installé à l’IBC (Institut de Biologie Clinique), au CHU de Rouen.
Installé à l‘IBC, au cœur du CHU de Rouen, le QIAcuity One est un appareil dédié à la détection des infections microbiennes divise un échantillon en milliers (jusqu’à 26 000) de microgouttes, chacune contenant une seule molécule d’ADN.
Cela permet d’analyser chaque molécule séparément et d’obtenir un diagnostic extrêmement précis. L’équipement va permettre de détecter très rapidement et avec une grande précision des microbes résistants aux médicaments, notamment le champignon Aspergillus fumigatus, de plus en plus présent dans l’environnement et souvent rendu résistant par l’usage massif de pesticides.
En France, plus de 56 % des souches environnementales d’Aspergillus fumigatus sont résistantes. L’aspergillose pulmonaire invasive est ainsi la troisième cause d’infection fongique invasive en France, avec un taux de mortalité élevé, situé entre 50 et 80 %.
Avec le QIAcuity One, les équipes pourront identifier une souche résistante en deux heures (contre plusieurs jours aujourd’hui), détecter des traces infimes d’ADN impossibles à voir avec les méthodes classiques, et adapter très rapidement les traitements pour sauver des vies.
Bref, c’est un outil qui permet de repérer une résistance “cachée”, comme trouver une aiguille dans une botte de foin, et qui ouvre la voie à des diagnostics et traitements beaucoup plus ciblés pour de nombreuses maladies.
« C’est une véritable révolution par rapport aux techniques précédentes, constate le Pr Loïc Favennec, professeur des universités et praticien hospitalier, responsable du service de parasitologie-mycologie du CHU de Rouen. Concrètement, pour les patients du CHU de Rouen, dans les cas les plus graves d’infection à Pneumocystis, par exemple, pour lesquels il faut un traitement rapide, la détection va être beaucoup plus rapide et le diagnostic plus précis, affiné. »
Le Dr Damien Costa complète : « Alors que le précédent matériel permettait de détecter 3 à 4 cibles d’ADN différentes, avec le QIAcuity One, nous pouvons désormais en détecter 10 à 11. Il y a également un gain de temps important pour la détection des résistances des souches. Les chances de survie des patients augmentent réellement grâce à ces progrès. »
Les chercheurs ont été formés à ce nouvel équipement. Il reste désormais à affiner les paramètres de détection et de sensibilité pour atteindre une performance maximale.
Le nombre de patients qui pourraient bénéficier chaque année de ce matériel au CHU de Rouen est « difficile à estimer » précise le Dr Costa. « La détection d’Aspergillus Fumigatus concerne environ 2000 patients par an, beaucoup moins seront positifs, environ 150. Parmi eux, difficile de dire combien présenteront des souches résistantes, mais au vu de la pression de la sélection environnementale, ce chiffre augmentera certainement chaque année ».
* La PCR (Polymerase Chain Reaction) digitale divise l’échantillon en des milliers – voire dizaines de milliers – de petites gouttes, comme si chaque goutte était un mini-laboratoire.
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